« Révolution sportive », par Jamal Staïfi

Cela devient une habitude… à chaque déconfiture du sport marocain lors d’une rencontre continentale ou internationale, on vient nous parler de la nécessité de réformes radicales dans le cadre d’une véritable « révolution » de l’ensemble du sport national.
Et ainsi donc, voilà Mohamed Ouzzine, le ministre de la Jeunesse et des Sports, qui va annoncer sous les projecteurs le besoin de mener une révolution, cette fois réelle, du sport. Ce qui est vrai. Ensuite, le ministre poursuit en affirmant qu’au Maroc, depuis de longues et nombreuses années, nous avons toujours cherché à gagner une ou deux médailles pour mieux masquer les tares du sport au Maroc, ses insuffisances et ses carences. Ce qui est vrai aussi…
Mais, malheureusement, nombreux sont ceux qui estiment qu’une telle « révolution » au sein du sport consiste à changer quelques têtes et à révoquer un tel pour nommer un tel autre à sa place. Or, la révolution attendue est plus grande que cela… ce dont nous avons réellement besoin, c’est d’une refonte totale des modes de gestion anarchiques qui caractérisent le domaine sportif ; les clubs et les fédérations ont ainsi besoin de pouvoir choisir leurs présidents, une compétition saine et franche entre les programmes et les orientations doit pouvoir exister et, enfin, la responsabilité sportive doit également être soumise au contrôle et à la reddition des comptes.
Durant des années, le changement signifiait simplement le changement des directions, mais rien concernant l’évolution des systèmes en vigueur. Ainsi, quand le mal s’enracine en profondeur, on cherche des boucs émissaires ou n’importe quelle autre solution pour absorber, et contenir, la colère. Et les choses continuent, sur le même mode, selon les mêmes codes.
En football, et suite à la défaite face au Gabon pour le compte des éliminatoires du Mondial 2010, le général Benslimane avait été limogé, et remplacé par Ali Fassi Fihri qui, immédiatement, s’était cru au-dessus de la mêlée, propulsé qu’il avait été président de la Fédération, illégalement. Et depuis le 16 avril 2009 jusqu’à aujourd’hui, d’assemblée générale de la Fédération de football, point… mais en revanche, l’homme a entrepris sciemment et avec une certaine préméditation à laisser couler à flots l’argent public, exactement comme s’il lui appartenait. Quant à la gouvernance, bonne, la transparence, parfaite, et la reddition des comptes, recommandée, on n’en a rien vu, jamais.
En athlétisme, et après que le Comité provisoire eût tout asséché, avant de conduire « la mère de tous les sports » au bord de la dépression, on avait appelé Abdeslam Ahizoune à la tête de la Fédération, demandant à ses compétiteurs pour la fonction – Hicham el Guerrouj, Mohamed el Ouardi et Mohamed Moumen – de mettre une cagoule à leurs ambitions en raison du fait, selon ceux qui l’ont amené, que cet homme était bien au-dessus des urnes, et des autres…
Résultat ? L’athlétisme s’est mis à enchaîner les défaites et à multiplier les échecs : en six ans, Ahizoune, son Bureau fédéral et son armée de collaborateurs n’ont pas réussi à imposer ne serait-ce qu’un demi-champion.
Et la même chose s’est produite dans bon nombre d’autres fédérations… la boxe avec Jawad Belhaj, le taekwan do avec Mohamed Elmandjra, la natation avec Taoufiq Ibrahimi, et bien d’autres encore…
La véritable révolution, Honorables et Chers Messieurs, c’est d’abord et avant tout la mise en place de stratégies précises et la définition des objectifs qui doivent être atteinte et des moyens à mettre en œuvre pour les réaliser ; la véritable révolution, c’est de rompre avec cette « culture » des nominations parachutées des « champions » des gens d’influence ; la véritable révolution consiste à éloigner ces dirigeants des coulisses et à leur confisquer leurs télécommandes, ces mêmes dirigeants qui semblent considérer le sport comme leurs arrière-cours dans lesquelles ils jouent et se divertissent, et au moyen desquelles se font et se défont des carrières.

10:35
Je corrobore toutes ces idées et j’ajouterais que les responsables de toutes ces déconfitures doivent être jugés.Lnew constitution est claire là dessus car dans le cas contraire ce sera une autre débâcle à Rio et une non qualification du Maroc au mondial 2014(à moins d’un miracle)et les mêmes têtes séviront.Arrêtons le massacre.
15:15
Je ne suis pas d’accord avec vous car avant la mise en place de stratégies précises et la définition des objectifs qui doivent être atteinte et des moyens à mettre en œuvre IL Y A AVANT TOUT trouver LES HOMMES qui aiment leurs Pays et leurs Drapeau, parachutés ou pas.