Quelques idées sur le rapport US concernant les libertés religieuses, par Bilal Talidi


Beaucoup d’optimisme, donc, de la part de ceux qui ont commenté le dernier rapport américain sur les libertés religieuses en 2011, un optimisme qui se fonde sur le satisfecit accordé par les Américains aux autorités marocaines dans leur approche de ces libertés. Ces gens se sont appuyés sur une expression isolée qui figure dans le rapport et qui affirme qu’ « il n’existe aucune indication sur l’existence de violations qui se fondent sur l’appartenance ou la pratique religieuses, ou sur la croyance ». Mais cet optimisme béat tombe à l’eau à la lecture de la formule qui suit et qui affirme que « le gouvernement n’a entrepris aucune action qui établit qu’il respecte et protège le droit à la liberté religieuse ».
Deux expressions corrélées, et dans le même temps contradictoires… deux expressions qui portent en elles un antagonisme que, malheureusement, certaines lectures de ce rapport n’ont pas relevées, de même qu’elles n’ont pas été attentives à leurs soubassements ou aux objectifs qu’elles servent.
Ainsi donc, si l’on considère l’approche topographique et globale du rapport, on relèvera qu’elle n’a aucunement évolué, tant au niveau de la démographie religieuse qu’à celui du cadre politique et législatif ou encore concernant la place de la liberté religieuse, et son amélioration, dans l’action gouvernementale, de même que la situation actuelle de cette liberté au sein de la société et, enfin, la politique suivie en la matière par les Etats-Unis. Ainsi, le rapport a été reproduit à l’identique et indique le maintien de la même topographie religieuse… 98,7% de musulmans, 1,1% de chrétiens et 0,2% de juifs, et toujours autant de chiites (8.000 individus) et de bahaïs (350 à 400 personnes). Le rapport a également reproduit les mêmes paragraphes au sujet de la nature et l’ampleur du respect porté par le gouvernement à la question des libertés religieuses, relevant les obstacles constitutionnels et juridiques qui entravent ces libertés, et recensant les textes législatifs concernés, à savoir la constitution ou la loi sur les rassemblements publics, le droit pénal, le Code de la presse et le Code de la famille ; ce faisant, le rapport américain revient sur les mêmes remarques d’antan autour de ce qu’il a qualifié d’obstacles au plein exercice de la liberté religieuse au Maroc.
Ainsi donc, il n’existe rien de bien nouveau dans ce rapport sur les libertés religieuses dans notre pays; quant aux évolutions positives que le Maroc a connues dans ce domaine, le rapport semble les négliger, en comparaison avec les deux précédents : le rapport sur 2011 relève en effet uniquement les efforts du Maroc en matière de lutte contre le fondamentalisme religieux, d’encouragement au dialogue interreligieux, de dialogue entre les civilisations et, enfin, de tolérance, en plus du programme du ministère des Affaires islamiques concernant la formation des guides religieuses… alors que dans le rapport 2009, neuf indicateurs étaient mentionnés dans le domaine de l’amélioration des libertés religieuses. Or, il est évident que ces neuf points sont toujours d’actualité, ayant été même renforcés par la suite, mais de cela, le rapport 211 ne souffle mot.
Globalement, on peut affirmer que le rapport américain a maintenu sa portée politique et idéologique, et cela apparaît à travers l’accent mis sur les obstacles aux libertés religieuses enregistrés en mars et avril 2010 (!), certainement pour garder en main l’atout religieux qui permettra de maintenir la pression politique. Un autre point est ajouté à ce rapport et porte sur les contraintes imposées par la société aux libertés religieuses, et cela s’inscrit dans la volonté d’exacerber les tensions sociales et sociétales à propos de la liberté de croyance et des libertés individuelles, et aussi de permettre à de nombreuses franges de la société marocaine de faire pression sur l’Etat et sur la société, à parts égales, pour faire évoluer, et donc modifier, les fondamentaux de l’identité politique et religieuse des Marocains.
Et on en arrive à cette conclusion que ce rapport des Etats-Unis continue de se positionner en jouant la carte des libertés religieuses afin de contraindre le gouvernement à tolérer l’évangélisation et à considérer toute action qui s’y opposerait comme une atteinte aux libertés en matière de religion. Le rapport joue aussi la carte des Bahaïs et, en l’absence de toute étude ou données précises sur la question, affirme qu’il existe au Maroc une certaine animosité contre cette « confession », une hostilité qui menace la sécurité matérielle et la vie des membres de cette communauté ! Et tout cela est fait au nom de la volonté de donner à un évangéliste américain les moyens de défendre une minorité chrétienne au Maroc.
Bref, toute réflexion stratégique sur l’avenir commande de prendre cette question au sérieux et de prendre garde au danger constitué par l’ensemble des arguments cités dans le rapport américain, de même qu’il importe de rester vigilant sur cette volonté de faire agir des composantes de la société civile pour défendre et instrumentaliser la liberté de croyance et les libertés individuelles, aux fins de servir les objectifs des auteurs du rapport. Il est donc crucial de réfléchir à une stratégie cohérente et intégrée pour relever tous ces défis qui menacent la sécurité spirituelle et la stabilité religieuse des Marocains.

17:55
Monsieur Talidi, vous relevez ceci de la part des USA « un optimisme qui se fonde sur le satisfecit accordé par les Américains aux autorités marocaines dans leur approche de ces libertés. » de quel droit et en quel honneur les américains du nord nous accorde un satisfécit quant à notre état vis a vis de la pratique de la religion du peuple marocain, il se trouve que nous avons la même approche à ce sujet nous aussi à leur égard, (les yankis) il se trouve aussi que nos religions diffèrent, quant à leur pratiques, ils n’ont pas ramadhane nous l’avons ils sont portés sur la luxure a diverse étages et rapports, notre religion nous l’interdit et notre 2tat ne l’admet pas pour nous, je peux continuer ainsi longtemps alors ceci dit nous n’avons pas de leçons a recevoir des non musulmans sur notre islam qui dérange depuis le 11 septembre date de toutes les remises en question des musulmans et surtout des arabes, alors je renie tous BONUS ou satisfecit venant de ceux qui ne savent rient sur le coran et pourquoi il interdit aux musulmans (État ou Peuples) ce qui est interdit ou contraire a la foi musulmane; tiens que faisait Bush et sa famille et ses amis comme pratique religieuse durant leur massacre en pays musulmans et leur successeur pas fichu de fermer Guantánamo où croupissent des musulmans même assez jeunes ?
02:46
M. Gharib, vous êtes vraiment hors sujet !
Cela veut dire que vous n’avez rien compris à l’article et aussi à la politique dans sa dimension internationale.
Mlease, révisez vos leçons avant de de dire vos bêtises.