Mais où donc est passée l’opposition ?, par Driss Kanbouri


Aussitôt après la victoire du PJD aux dernières élections législatives, et après six mois d’âpres luttes entre les différents partis, les pronostics ont abondé sur les évolutions possibles qui allaient marquer la scène politique au Maroc et sur l’attrait qu’allait procurer la majorité – conduite par le PJD – et l’opposition au sujet de laquelle tant de scénarios ont été imaginés. Ainsi donc, au lendemain des élections, beaucoup de choses ont été dites sur le rôle qui attendait l’opposition parlementaire à la lumière des changements politiques enregistrés, et placés sous le signe de deux évolutions aussi nouvelles que majeures : en premier lieu, l’adoption d’une nouvelle constitution élaborée après un mouvement de dynamique populaire – avec l’apparition du 20 février – suite à un référendum organisé après un discours royal fort, une constitution qui allait introduire des concepts tout à fait nouveaux par rapport aux précédentes lois fondamentales, et bien que ne répondant pas à toutes les grandes aspirations que l’on attendait ; en second lieu, l’arrivée aux affaires d’un parti à connotation religieuse qui n’a jamais participé à un gouvernement depuis sa création, le PJD, qui s’est retrouvé en pole position gouvernementale, porté par les vents du printemps arabe et dont les relations avec les autres formations politiques sont marquées par des conflits ouverts et par des divergences de sensibilités souvent tues, rarement déclarées. A ces deux points, nous pouvons ajouter un troisième, subsidiaire, qui se rapporte au rôle conféré à l’opposition parlementaire par la nouvelle constitution, dans l’objectif d’un équilibre entre les forces représentées au parlement.
Ces trois éléments semblaient être fondateurs d’un nouveau panorama qui aurait vu la polarisation de la scène politique marocaine en deux blocs principaux : le camp « conservateur », représenté essentiellement par le PJD, l’Istiqlal et le MP, en plus du PPS qui a accepté de rejoindre le gouvernement sans pour autant déclarer son abandon de l’ « idéologie » qu’il annonce être la sienne ; le camp d’en face, constitué d’un attelage hétéroclite regroupant principalement l’USFP, le PAM et le RNI, les deux dernières formations ayant cependant fait savoir d’une manière implicite leur disposition à participer à un gouvernement remanié, ce qui dénote de leur mal-être dans l’opposition et de leur incapacité à y tenir un rôle politique.
Tout le monde se rappelle les sorties médiatiques de certains socialistes qui avaient promis, dès les premiers jours du nouveau gouvernement, une opposition « féroce » ; à leur tête, le chef du groupe parlementaire USFP, Ahmed Zaïdi, qui avait lié le basculement de son parti dans l’opposition à une nouvelle réflexion globale sur l’identité et le positionnement des socialistes sur l’échiquier politique, ainsi qu’à un renouvellement de leur « contrat » avec la rue. Tout le monde se rappelle aussi les déclarations incendiaires du président du RNI, Salaheddine Mezouar, qui avait – un peu trop rapidement – estimé que l’opposition s’exerçait par « voie orale », et que ses paroles ne nécessitaient pas forcément des passages à l’acte ; puis le même Mezouar avait également créé l’évènement en affirmant qu’une entente avec le PJD était désormais une « ligne rouge »… avant qu’il n’efface précipitamment toutes les couleurs et qu’il ne vienne déclarer que, si des conditions nouvelles apparaissaient, une participation à un gouvernement PJD n’était finalement pas totalement exclue…
Las… Ce qui s’est produit, en fin de compte, est que l’opposition n’a pas réussi à concrétiser ses promesses à l’endroit du gouvernement ; bien au contraire, elle s’est mise à « lécher ses plaies », comme le ferait un chat blessé, toute occupée à affronter des affaires qui ébranlent et mettent à mal sa crédibilité politique. Ainsi, des dossiers ouverts ces derniers temps ont traîné des personnalités de poids à l’USFP devant les tribunaux, des personnalités dont la plus emblématique est Khalid Alioua, ce qui a conduit des dirigeants socialistes de premier plan à sortir de leur mutisme et à dénoncer la politique des deux poids deux mesures en matière de lutte contre la corruption, prenant de cette manière la défense de leur camarade et enregistrant ainsi un acte sans précédent au sein de l’USFP. Quant au RNI, il doit affronter un problème moral majeur du fait du versement à son président de primes importantes du simple fait de sa qualité, alors, de ministre et non pas en contrepartie de services qui auraient été rendus à l’Etat. En parallèle à ces deux cas, nous avons assisté ça et là à des affaires dont les « héros » sont des personnalités de l’opposition impliquées dans des dossiers de corruption ou de trafic de stupéfiants, déjà jugées. Enfin, le PAM, à son tour, est réduit depuis un moment à la publication de communiqués, sans mener aucune action politique qui serait portée à son crédit, lui qui est pourtant né sous le signe des conflits politiques…
Il ne fait donc pas de doute que la majorité gouvernementale se trouve aujourd’hui dans une position plus que confortable, permettant au groupe parlementaire du PJD de jouer, également, le rôle d’une inexistante opposition. On impute même à ce parti le crédit de l’initiative de cette « guerre » des indemnités et des primes perçues par de hauts cadres de l’administration. Et, ce faisant, nous nous retrouvons dans une situation où c’est la majorité qui éreinte et épuise l’opposition, et non l’inverse, comme cela se doit d’être normalement. Ainsi, quand Abdelilah Benkirane, lors du 7e Congrès de son parti, a demandé à l’opposition de faire montre d’ « indulgence » à l’égard de son gouvernement, personne parmi les observateurs n’a pensé que le chef du gouvernement croyait vraiment à ce qu’il disait ; au contraire, ces connaisseurs ont placé cette phrase de Benkirane dans le cadre d’une certaine perfidie du chef du PJD et du gouvernement, lui qui sait que cette opposition, supposée porter les plaintes et les souffrances des gens, est la première à se plaindre et à souffrir.

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Nos partis politiques sont nues, ils trainent tous des casseroles derrieres eux,ils sont tous champions dans les détournements de deniers public et dans la corruption.Tous les partis politiques qui avaient participés à des gouvernement divers avaient tous d’une maniére ou d’une autre dilapidés l’argent du peuple.Le PJD est actuellement en etat de grace et nous espérons qu’il contribuera à changer et à donner l’exemple sur la maniére de bien gerer le bien du peuple.