Le Maroc emboîtera-t-il le pas à la France en décidant « une société sans prostitution » ?


La nouvelle orientation du gouvernement français portant sur l’interdiction de la prostitution, ainsi que la préparation des conditions et la prise des mesures à même de permettre la réussite de ce programme en France, nous incite à nous arrêter ici, et à relever, un certain nombre d’idées :
1/ Le long processus qu’a suivi le débat sur le phénomène de la prostitution, sa nature, son traitement juridique et légal, a fini par faire triompher la thèse, et le camp, qui défendent la dignité de la femme, refusant sa soumission, sa chosification et sa marchandisation ;
2/ Le débat autour de ce phénomène, à l’instar d’autres discussions sur d’autres sujets d’égale importance sociétale, et bien qu’il ait connu l’implication de philosophes, de politologues, de sociologues, d’intellectuels et de gens des médias, ne se résume pas seulement à une divergence de vue morale et/ou sociétale, mais indique aussi l’existence d’une interaction difficile à dénouer entre argent et valeurs, tant il est apparaît à travers ce débat passionné que les lobbies et les réseaux de la prostitution en sont partie prenante ;
3/ Il est toujours besoin de revenir, et de réviser, les différents concepts en circulation sur « la vie sexuelle », de même qu’il est besoin de s’inspirer d’autres expériences, ailleurs, pour comprendre les répercussions sociales, et agir pour les atténuer. Ainsi, et bien que la France ait durant des années servi de modèle aux autres pays occidentaux dans le domaine de la liberté sexuelle et son traitement « démocratique », voilà qu’aujourd’hui, face à l’extension du phénomène, elle est contrainte de s’inspirer elle-même des exemples américain et suédois ;
4/ La vieille démocratie française s’oriente aujourd’hui vers une interdiction juridique de la prostitution, en la criminalisant par l’application de peines de prison et d’amendes, en dépit de la résistance et de l’opposition d’une frange de la société française. Le débat est un débat de société qui a impliqué toutes les catégories de la population française, mais malgré cela, ce pays démocratique a attendu que le parti socialiste triomphe aux élections pour qu’il puisse imposer une thèse qu’il défendait déjà du temps où il occupait les rangs de l’opposition, en décidant d’adopter l’arsenal juridique adéquat pour freiner l’extension du fléau. Le parti socialiste, qui a remporté l’élection présidentielle et qui a obtenu la majorité absolue aux législatives, n’aura donc pas recours aux expédients qui, chez nous, portent le nom de consensus, pour s’engager dans une question où il n’existe pas d’unanimité sociale, partant du principe qu’il dispose de la légitimité pour défendre et appliquer des idées qu’il n’avait pas eu l’occasion de faire passer avant ;
5/ L’orientation de la France vers la réalisation d’une « société française sans prostitution », qui passera par l’adoption d’un corpus juridique et pénal limité (6 mois de prison et 3.000 euros d’amendes), a suscité une grande inquiétude dans les rangs de ceux qui s’opposent à cette politique, entamant un large débat sociétal qui a fait dire à la ministre française chargée des Droits de la femme que la bataille sera rude, dure et durable. A l’inverse de la France, au Maroc, il existe unanimité autour de la question d’interdiction de la prostitution et de la sanction de ceux qui s’y adonnent. Notre pays dispose d’un arsenal juridique dense en la matière : pas moins de 8 articles du Code pénal y sont consacrés (du 497 au 503 bis) et punissent l’auteur du crime, ceux qui l’aident à le commettre, ceux qui le protègent, ceux qui en profitent et ceux qui en sont les intermédiaires, en plus de plusieurs autres cas où le fléau est décrit et ses sanctions définies.
Le paradoxe chez nous, au Maroc, est que malgré la lourdeur des sanctions pénales et leur multiplicité et variété, et malgré aussi l’unanimité qui entoure cette question de la part de toutes les composantes de la société, à l’exception de certaines parties qui défendent l’idée d’encadrer légalement cette activité, l’Etat n’a pas réussi à contenir le phénomène dans ses limites d’avant au sein de la société. En effet, la prostitution a augmenté et s’est surtout diversifiée ; ainsi, en plus de la prostitution traditionnelle, de nouvelles formes sont apparues comme la prostitution saisonnière, la prostitution de luxe, le tourisme sexuel et l’apparition puis le développement de tous ces réseaux de traite des Marocaines qui sont « exportées » et exploitées sexuellement à l’étranger, comme l’attestent nombre de rapports nationaux et internationaux et comme le rapportent les nombreuses enquêtes de presse parues dernièrement.
Le paradoxe est donc clair, entre les opposants à la nouvelle politique en rance qui savent que l’arsenal juridique qui sera adopté sera respecté et aura un impact certain sur la société, alors que dans le même temps, le Maroc, où la société est unanime à condamner le phénomène de la prostitution, ne pourra pas bénéficier des lois condamnant ce fléau, car en effet le grand et grave problème chez nous est l’absence d’une politique ferme et sérieuse de lutte et d’éradication de la prostitution, qui présuppose l’application de la loi, la sensibilisation des citoyens sur le fait que la loi est la même pour tout le monde, sans aucune considération politique qui pourrait aller à l’encontre de cette application.

10:12
Qu’en est il de nous? La femme chez nous est utilisé comme un outil de plaisir, de pub et de communication. Exception faite de quelques rares femme qui ont pu échappé à la manipulation et sont aujourd’hui autonome et maîtresses d’elles mêmes. Je ne parle pas des femmes qui sont à l’aise financièrement garce aux subventions étrangère mais de celles, qui grâce à leurs propres efforts, ont pu s’imposer comme des femmes dont le Maroc doit être fier.
Depuis 2003 nous avons, quelques 290000 mères célibataires abandonnée, avec leur 381000 enfants. Les femmes subissent en moyenne 800 opération d’avortement par jour dont 200 hors du contrôle d’un médecin spécialisé, sans parler des cas de suicides.
Les prostitués en France, bien que tout les risques de santés qu’elles courent, ont quand même un strict minimum de contre partie matérielle. Ici, les prostitués n’ont aucune couverture si ce n’est pas les quelques dirhams qu’elles reçoivent contre le « service à grande valeur ajoutée » rendu. J’espère que les autorités qui ont l’habitude de suivre la France dans tous ce qu’elle fait, Qu’elles la suivent aussi cette fois ci et qu’elles prennes des mesures pour protéger ces millions de femmes marocaines, manipulées pour le plaisir et le profit des autres.
17:04
Merci pour ce commentaire Najib.
J’invite tout le monde par ailleurs à faire un tour sur les bds casablancais ou on a l’habitude de croiser des « filles de joie » … et pas seulement ça : passez par bd Rachidi tard la nuit : Des travestis faisant le trottoir à côté du …. POSTE DE POLICE !!!!!!
Moi personnellement j’ai déjà eu l’occasion de poser des questions à ces personnes ( prostituées femmes et travestis) rongée par la curiosité pour savoir s’ils n’ont pas peur d’être embarqués. Voyez messieurs, que les personnes chargées de faire les « rondes de nuit » ont leur part du gâteau !!!!!! Chaque soir ils passent récupérer leur pot-de-vin, contre partie: personne ne les dérange pendant leur « travail ».
Que dire !!! Appel au PJD, ce parti qui au lieu de s’intéresser aux choses sérieuses, s’amuse à faire le Super héros sans résultat palpable !
00:19
Merci pour ce commentaire Saida,
Je suis tout à fait de votre avis, la police est souvent complice et de là, proxénète…
puisque non seulement elle laisse faire mais souvent avec rétribution…Ne soyons pas naïf, tous se paie au Maroc.
Maintenant si on regarde la prostitution dans sa réalité mondiale on s’aperçoit que malheureusement aucun pays n’a réussit jusqu’à présent à juguler le phénomène.
La problématique vient de plusieurs facteurs.- Il y a des femmes qui aiment « CA » et qui le font pour amasser le plus possible de fric sans se faire « crever à l’usine »…Mais il y a d’un autre coté les femmes exploitées par un réseau qu’il soit mafieux ou dépendant d’une seule personne car les femmes aussi bien que les hommes peuvent être proxénète.-POLITIQUEMENT certains diront que la prostitution est un mal nécessaire dans la société si on ne veut pas que les obsédés sexuels agressent les femmes ou les hommes dans la rue. Ils en font une raison sécuritaire. Mais aucune société n’est arrivée à en faire l’expérience donc on ne peut pas avoir des statistiques. -SOCIALEMENT certains disent que l’action de prostitution est un bien pour la santé mentale des handicapés qui ne trouvent pas d’épouse et que nous n’avons pas le droit d’empêcher ces personnes d’avoir une vie sexuelle. D’un autre point de vue un homme marié qui n’a plus de contacts physiques avec son épouse parce que celle ci ne veut plus ou NE PEUT PLUS, beaucoup de sociétés réprouvent la prise d’une maîtresse qui est comme trahisons envers l’épouse, parce qu’il y a un deuxième engagement (donc polygamie) et beaucoup de pays condamnent à de lourdes peines cette situation tandis que les services d’une prostituée rémunérée n’engage que les deux parties un bref moment sans nuire à la cellule familiale.
CECI DIT nous voyons combien la chose est complexe …
Prendre des mesures pour supprimer, on y arrivera jamais ne soyons pas naïf.
Organiser et contrôler ce commerce coûterait énormément d’argent et comme toujours ce ne serait réalisable qu’un moment. Si c’était si simple on ne serait pas en train de débattre de cette problématique.
Une solution est portant expérimentée avec succès dans beaucoup de pays, c’est de contrôler ces femmes et ces hommes car il ne faut pas oublier qu’il y a des prostitués aussi. En rendant obligatoire un contrôle médical gratuit avec inscription dans un registre, pour connaître exactement ceux qui se livrent à ces pratiques.
Une sorte de carte d’identité est établie pour pouvoir la montrer quand il y a un contrôle dans la rue ou dans un autre endroit, c’est une sorte de carnet médical.
La visite médicale régulière est un moyen de contrôler si la personne est épanouie dans son travail ou si elle est contrainte pour le faire. le corps médical et les assistants sociaux peuvent rapidement voir si les personnes reçoivent des coups, s’ils se droguent, s’ils sont alcooliques, s’ils ont des enfants et comment vivent leurs familles. D’après les études réalisées auprès des associations qui se chargent de ce travail social on constate q’un bonne partie des personnes qui consultent, finissent pas demander de l’aide pour quitter la prostitution, et se soigner si elles ne sont plus en bonne santé ou faire des cures de désintoxication.
Je pense que c’est un début qui porte ses fruits et il serait souhaitable que tous les
pays fassent au moins cet effort pour arriver peut-être à éradiquer le fléau.
La France parle de condamner les clients !!! je ne crois absolument pas à la réussite
de cette idée. Il n’y a déjà pas assez de temps pour juger des choses graves…Alors
le bourgeois qui va voir une pépé !!!Là aussi on allongera un billet sous la table.