La « révolte » d’Ouzzine, par Jamal Staïfi


Le ministre de la Jeunesse et des Sports, Mohamed Ouzzine, n’a pas hésité à se jeter dans la mêlée après la déconvenue de l’équipe nationale de football lors de son premier match qualificatif pour le Mondial 2014 au Brésil, après le résultat 1-1 ramené de Banjul, face à la Gambie, samedi dernier.
Ouzzine a promis des décisions d’importance, cruciales, aussitôt après la rencontre qui se jouera samedi prochain contre la Côte d’Ivoire, quel qu’en soit le résultat. Le ministre a aussi indiqué qu’il se réunira avec le président de la fédération royale marocaine de football (FRMF), Ali Fassi Fihri, qui devra apporter des explications sur le rôle de Gerets et de la direction technique de l’équipe.
Cette brusque entrée en jeu du ministre des Sports montre bien à quel point la situation de la sélection marocaine s’est « aggravée », une sélection qui a vraiment touché le fonds après les résultats négatifs qui se succèdent.
S’il est en effet du devoir du ministère de tutelle de remplir sa tâche de contrôle et de supervision, le plus important reste cependant de s’atteler aux réformes de fonds et de ne se pas contenter de désigner Eric Gerets comme bouc émissaire, comme s’il était le seul responsable de ces « pitreries » de l’équipe nationale.
Nous n’attendons pas du ministre Ouzzine qu’il se contente de questionner Ali Fassi Fihri sur le rôle de Gerets et de la direction technique seulement… Ce que tout le monde veut aujourd’hui savoir et comprendre, c’est pourquoi la fédération de foot reste ainsi dans l’illégalité, pourquoi ne tient-elle pas ses Assemblées générales dans les formes et les délais, s’il peut encore être toléré de cette fédération qui gère le sport populaire n°1 au Maroc de continuer à ne jamais présenter de rapports moraux et financiers, et s’il est normal que les contrats signés entre cette fédération et Gerets et Pim Verbeek (équipe olympique) soient tenus secrets, comme si Fassi Fihri leur payait leurs salaires sur ses deniers propres et comme si la sélection nationale de football n’était pas la propriété de tous les Marocains, mais des Fassi Fihri uniquement.
La responsabilité de la crise du football marocain n’incombe pas à Gerets ; cet homme avait montré ses limites depuis fort longtemps déjà, et la presse sportive, la vraie, avait déjà recensé ses faiblesses et ses tares et les avait communiquées à la fédération et à l’opinion nationale… Las, Fihri et les siens avaient quand même tenu à l’amener en nos vertes pelouses.
La véritable crise de l’équipe nationale et du football en général tient à l’absence de démocratie au sein de la fédération, à la non élection de son président , à la prééminence des désignations d’en haut imposées sur les élections démocratiquement organisées, à la présence d’un Bureau fédéral peuplé de « comparses » qui s’accommodent parfaitement du « gouvernement de l’ombre » qui agit à l’ombre de la fédération… c’est ce gouvernement qui prend les vraies décisions, en dehors de tout programme ou action réfléchie. Si la course à la présidence de la FRMF se déroulait démocratiquement, chaque candidat viendrait avec un programme et le défendrait jusqu’au bout des crampons… et nous y aurions tous gagné.
Nous espérons que les déclarations d’Ouzzine ne soient pas une simple « révolte », qui se calmerait en cas de victoire samedi prochain… La réforme doit être soutenue, et ne pas dépendre d’un résultat positif qui ne serait qu’un arbre vert cachant une forêt en feu.

11:32
Si Jamal, vous avez tout dis.Quand à la gestion de la fédération, il y a anguilles sous roches comme on dit, bisare !!!