Finances publiques : Nos caisses se vident… Qui comblera les lacunes ?

Le Maroc est loin de la situation catastrophique des réserves de change qu’il avait connue dans les années 80. Aujourd’hui, les responsables économiques se félicitent de la bonne santé financière marocaine et de la résilience de l’économie et des indicateurs nationaux face à la crise mondiale (ratios d’endettement faibles, inflation maîtrisée, déficit budgétaire raisonnable). Or, dès lors que le printemps arabe s’est profilé à l’horizon, les problèmes ont commencé, atteignant nos réserves de changes et nous faisant perdre un mois d’importations, comme l’estime le HCP pour fin 2011. De plus, le coût du dialogue social et des concessions qui l’accompagnent mettront dans une grande difficulté le prochain gouvernement qui devra trouver les équilibres fondamentaux.
Sur le plan politique et institutionnel, le Maroc confirme le caractère exceptionnel de son système politique, mais sur le plan social et économique, les concessions qui ont été faites grèvent et grèveront encore plus le budget : 15 milliards DH de plus pour la Caisse de compensation, 670 millions de DH qui viennent d’être débloqués pour calmer la fronde des médecins… Il faut dire que si notre taux d’inflation est aussi bas, maintenu sous la barre des 2%, ce n’est pas dû à des performances exceptionnelles, mais à la Caisse de compensation. C’est donc la politique budgétaire qui explique l’évolution des prix à la consommation, alors que ce devrait être le taux directeur ou les règles du marché. Mais combien de temps ce modèle tiendra-t-il encore ?
Aujourd’hui, le ciel s’assombrit… L’ouverture totale des barrières douanières tarifaires interviendra dès le début 2012, et la hausse de productivité pourra, seule, permettre aux exportations marocaines de résister face à la concurrence internationale. Or, cela va être difficile suite à la revalorisation des salaires minima. Résultat : des importations en hausse, des exportations en baisse, et un déficit commercial qui se creuse… On espère alors un renversement de la tendance touristique actuelle et une reprise des transferts des MRE.
Face à cela, le gouvernement a le choix entre trois options possibles : sacrifier des points de croissance sur certains indicateurs (investissement et équipement), réaménager la fiscalité (par l’augmentation des impôts) ou recourir à l’emprunt international, option qui s’avère impossible car les Etats traditionnellement prêteurs sont en butte à des problèmes chez eux, ou dans leurs zones (euro par exemple), et la dette privée est risquée parce que chère et de nature à exercer une forte pression sur le budget de l’Etat dans les prochains exercices.
Conclusion : le prochain gouvernement sera aussi impopulaire que celui d’Abbas el Fasi, mais devra bien concéder les efforts nécessaires pour maintenir la baqrue à flots. Cela dit, et comme le souligne l’économiste Driss Benali, le gouvernement, tout en achetant la paix sociale au prix de sérieux déséquilibres macroéconomiques, aura créé une situation alarmante mais pas dramatique, car les solutions existent si on accepte d’opérer les arbitrages nécessaires.





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