États-Unis – Maroc : Allié stratégique, partenaire privilégié

28 février 2012 15:07 Commentaires fermés

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Si Rabat et Washington ont toujours eu une amitié solide et historique, qu’Hillary Clinton avait d’ailleurs mise en avant récemment lors d’un entretien téléphonique avec son homologue marocain, il y a lieu de rappeler que ces relations ont connu une forte impulsion sous le règne de Mohammed VI.
 
Depuis l’avènement de Mohammed VI, les relations entre le Maroc et les États-Unis ont été rarement aussi intenses. Pour preuve : sur le plan politique, le statut d’allié majeur non-Otan accordé au Maroc en 2004 est un indicateur important, s’il en est, de l’excellence de ces relations. Ce statut d’allié stratégique des USA permet non seulement au Maroc la levée de restrictions sur des ventes d’armements mais implique également des rapports étroits avec les États-Unis en matière de défense. 
 
Il autorise ainsi le royaume chérifien à disposer de l’aide financière des USA et à se porter candidat à certains programmes militaires américains contrôlés par le Pentagone. Et le Maroc ne s’en prive pas ! Il a commandé, il y a quatre ans, 24 avions de chasse F-16 dont quatre ont été livrés en août dernier, et les 20 restants devant être livrés au cours de l’année 2012. Ces appareils, d’une valeur estimée à quelque 2,4 milliards de dollars, sont une des versions les plus modernes du F-16.  Sur les plans économique et commercial, les relations entre les deux pays ont, là aussi, un caractère exceptionnel. Jugeons-en !  Le Maroc est le seul pays africain à avoir signé, en juillet 2004, avec les États-Unis un Accord de libre-échange, entré en vigueur le 1er janvier 2006. 
 
En 2011, le Maroc réussit une belle percée aux USA en faisant son entrée dans le Top 5 des marchés arabes les plus importants pour les États-Unis. Pour illustrer par des indicateurs précis l’excellence des relations entre Rabat et Washington, et notamment du couple Clinton avec le Maroc, il y a lieu de rappeler que lors des funérailles de Hassan II, en 1999, la délégation américaine comprenait Bill Clinton qui avait interrompu une campagne de collecte de fonds en faveur de sa fondation dans le Colorado pour pouvoir assister, lui et sa fille Chelsea, aux obsèques. On se souvient que lors de la cérémonie des obsèques, la participation américaine comptait également le président George Bush père, deux secrétaires d’État, James Baker et Warren Christopher, Martin Indyk, secrétaire d’État adjoint pour les affaires du Proche-Orient et de l’Afrique du Nord et  Dennis Ross, ancien coordinateur pour le processus de paix au Proche-Orient. Il y aussi la présence remarquée de Bill Clinton aux festivités du mariage du monarque marocain. Il faut signaler aussi que le roi Mohammed VI a toujours figuré parmi les donateurs à la fondation Clinton créée par l’ex-président des États-Unis juste après la fin de son deuxième mandat à la Maison-Blanche, en 2000. Pour le mariage de la fille unique de l’ex-président des États-Unis et de l’actuelle secrétaire d’État américaine Hillary Clinton, Chelsea Clinton, avec le fils d’un banquier juif, des fleurs rarissimes ont été importées du Maroc.
 
Hillary Clinton,  une juive marocaine ?
 
Lors de sa campagne pour les primaires à présidentielle américaine, Hilary Clinton était non seulement la favorite du palais royal mais également celle d’une partie de la population qui croyait dur comme fer qu’elle était d’ascendance juive marocaine. Ce qui est absolument faux ! Hillary Diane Rodham Clinton est une Wasp (White anglo-saxon protestant) bon teint. Elle est de confession chrétienne méthodiste. Libérale, elle est favorable au mariage gay. 
 
Ce sont, semble-t-il,  surtout les allers-retours d’Hilary au Maroc qui en ont fait aux yeux d’une partie de l’opinion une juive marocaine. Lors du sulfureux scandale « Monica Lewinsky« , qui impliquait son époux Président dans une affaire politico-sexuelle qui avait choqué la planète entière, Hillary trouvera refuge dans la “méditation” au Maroc. Son séjour prolongé avec sa fille Chelsea à Marrakech où elles logeaient discrètement en 1998 chez Jacky Kadosh, actuel président de la communauté israélite de Marrakech-Essaouira et fils du  tailleur du Roi Hassan II, a été ponctué par des séances de recueillement à la synagogue et au cimetière juif de Marrakech. Hilary et Chelsea auraient même été aperçues en “pèlerinage” dans la vallée de l’Imini, du côté de Ouarzazate, à proximité de la tombe du saint juif marocain Rabbi David u-Moshe, sur laquelle viennent se recueillir les juifs du monde entier. Admiratrice devant l’éternel de la diversité de la culture marocaine, Hillary Clinton fait souvent la promotion du  “génie marocain” en portant avec aisance ses fameux caftans marocains qu’elle affriole du reste. Assurément, les Marocains ont, en la personne d’Hillary Clinton, une séduisante VRP pour placer dans le « main stream » américain leur culture et ses produits dérivés.
 
Le Ricks’Café, Jimi Hendrix  et les autres
 
De par son exotisme et son authenticité, le Maroc a toujours exercé un grand attrait sur les Américains. Arrivée au Maroc en 1998 en tant que conseiller commercial à l’ambassade des États-Unis, Karhy Kriger décide, à la suite des attentats du 11 Septembre, de s’installer définitivement dans le Royaume et de quitter ses fonctions officielles dans le gouvernement américain. 
 
Elle se lance alors très vite dans le projet d’aménagement d’une ancienne bâtisse construite sur les flancs même de l’ancienne médina de Casablanca, pour en faire le Ricks’Café, un restaurant-piano-bar, une réplique du décor du film Casablanca, tourné en 1942 dans les studios d’Hollywood. Pour Katy Kriger, il s’agit de renforcer la place qu’occupe dans l’imaginaire des Américains une ville comme Casablanca, rendue célèbre grâce au film éponyme, avec la prestation magistrale de Humphrey Bogart et d’Ingrid Bergman, un couple mythique. Pour l’Américaine, il s’agit surtout de partager en terre musulmane des valeurs américaines et son fameux “american way of life”. Pour le montage financier, elle crée une société appelée The Usual Suspects  (les suspects habituels). Deux ans après, elle arrive à ses fins.  Et le Rick’s Café ouvre ses portes le 1er Mars 2004. L’esprit du film-culte y est étonnamment bien restitué. Ce restaurant devient  en quelques semaines le repaire de toute la communauté américaine casablancaise, “the place you have to be” recommande les guides touristiques américains. 
 
Les relations avec Hollywood ne s’arrêtent pas là. Il y aussi la ville d’Essaouira, l’ex-Mogador immortalisé par Orson Welles avec son adaptation d’Othello. Par ailleurs, durant les années hippies, l’ancien bastion portugais était devenu le centre de gravitation de la jeunesse  contestatrice américaine (dont faisait partie le couple Clinton) qui venait alors emboîter le pas à Jimi Hendrix, pour citer l’un des plus célèbres héros de la vague des sixties. Autre spécificité culturelle maroco-américaine, le musée de la Légation américaine de Tanger, qui a une histoire unique. Le bâtiment fut offert par le sultan du Maroc en 1821 à la jeune république américaine. 
Ce fut la première propriété américaine à l’étranger. Durant 140 ans, il hébergea la représentation diplomatique et consulaire des USA au Maroc. 
 
C’est le seul monument historique des États-Unis sis sur un sol étranger. Friands de superlatifs, les Marocains, autant que les Américains, n’ont pas cessé de mettre en exergue, en marge de cette visite d’Hillary Clinton, que sur le plan historique le Traité d’amitié maroco-américain serait le plus ancien jamais signé par les États-Unis avec un pays tiers. Ce que les Algériens contestent malgré les vicissitudes de leurs relations avec l’Oncle Sam.
 
Samuel Kaplan, un ambassadeur hors normes
 
L’ambassadeur US à Rabat est une grosse pointure de la politique américaine. Juif américain et figure démocrate, Samuel L. Kaplan, âgé de 75 ans, a été l’un des dirigeants de la campagne présidentielle de John Kerry, l’actuel président du comité des affaires étrangères du Sénat américain. 
 
Il a été ensuite membre du comité national de financement (National Finance Committee) de la campagne présidentielle de Barack Obama.   Juriste de formation, il est membre fondateur et président du célèbre cabinet d’avocats Kaplan, Strangis et Kaplan. Nommé au Maroc le 19 juin 2009, il vient de recevoir à l’occasion de cette visite les clés d’une nouvelle ambassade qui a coûté la bagatelle de 170 millions de dollars. En fait, il s’agit d’un « complexe diplomatique » construit sur un terrain de 3,3 hectares et qu’Hillary Clinton a inauguré hier.
 
 

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